Visite historique du Mont-Saint-Michel

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Le Mont-Tombe est un rocher à l’embouchure du Couesnon qui jouit dès l’Antiquité d’un culte païen. C’est en 708 que la renommée du site prend racine : selon la légende, Aubert, évêque d’Avranches, eut trois fois la vision de l’archange saint Michel lui demandant d’y construire un oratoire en son honneur. Ainsi débuta l’histoire du Mont-Saint-Michelsite classé au patrimoine mondial de l’Unesco et visité par plus de 3 millions de touristes et de fidèles chaque année.

Au milieu de la baie éponyme, ce petit bout de rocher de 78 mètres de haut et 7 hectares, au profil si caractéristique, regroupe autour de sa fameuse abbaye une densité incroyable de 60 Monuments Historiques classés ou inscrits.

Faire l’ascension du Mont par la Grande Rue, s’imprégner de la dimension spirituelle de l’abbaye, admirer les panoramas uniques sur la baie en passant par le chemin de ronde, déguster les saveurs locales… Il existe de multiples façons de parcourir et découvrir le Mont-Saint-Michel, à vous de choisir la vôtre !

Notre-Dame-Sous-Terre

Dès le VIIIe siècle, Aubert fit installer une communauté de douze chanoines qui firent du Mont un lieu de prière, d’étude et de pèlerinage. Sa renommée ne tarde pas et les visiteurs affluent de toute l’Europe du Nord. Le village se développe alors pour accueillir les voyageurs.

En 966, à la demande de Richard 1er, Duc de Normandie, des moines bénédictins y installent une abbaye. Ils débutent la construction d’une première église pré-romane carolingienne, Notre-Dame-Sous-Terre. Ensevelie sous les agrandissements et reconstructions successifs de l’abbaye, elle avait été oubliée jusqu’à ce qu’elle soit redécouverte au XIXe siècle, puis restaurée dans les années 1960. Derrière le sanctuaire, un mur cyclopéen pourrait constituer un vestige du premier édifice du VIIIe siècle. Lors de la visite de l’abbaye, le contraste entre cette architecture sobre et la grandeur de l’abbatiale actuelle et de la Merveille est saisissant. Dans les entrailles du Mont, on prend toute la mesure de l’ingéniosité des bâtisseurs du Moyen Âge qui surent s’adapter aux contraintes de ce site si peu hospitalier.

L’église abbatiale

Au gré des transformations imposées par le développement économique du Mont et les diverses invasions, l’abbaye est devenue un puzzle de styles architecturaux : art roman de l’abbatiale, gothique flamboyant du cloître, en passant par les fortifications imposées par les conflits de la guerre de Cent Ans et les restaurations néogothiques des élèves de Viollet-le-Duc au XIXe siècle.

Il vous faudra gravir les 350 marches du Grand Degré pour pénétrer dans l’église abbatiale située au sommet du Mont. Elle repose sur une plateforme soutenue par quatre cryptes, et présente une nef romane à trois niveaux. Le chœur, qui s’était écroulé en 1421 lors du siège des anglais, fut reconstruit dans le style gothique flamboyant.

La Merveille, fleuron de l’art gothique normand

Au nord de l’église abbatiale, la Merveille est le joyau incontestable du Mont. Si de l’extérieur elle ressemble à une forteresse imprenable, l’intérieur contraste par son élégance et les jeux de lumière propres au style gothique. S’élevant sur trois niveaux, elle regroupe les bâtiments de la vie quotidienne des moines : le réfectoire, la salle de travail (appelée salle des chevaliers), la salle des hôtes, le cellier, l’aumônerie et enfin le cloître. Celui-ci était destiné à la méditation des moines, qui pouvaient y voir la mer depuis trois arches ouvertes dans la galerie ouest. Le cloître abrite également un jardin médiéval remarquable et ses roses de Damas.

Se balader sur le chemin de ronde

Situé stratégiquement entre Bretagne et Normandie, le Mont-Saint-Michel fut le témoin des conflits de la guerre de Cent Ans. Des fortifications furent édifiées pour le protéger. La muraille et les tours de défense permirent de résister aux assauts des anglais pendant plus de 30 ans, faisant du Mont un symbole national. Aujourd’hui, le chemin de ronde sur les remparts constitue une balade très agréable. Avec ses petits jardins et ses points de vue sur la baie, il contraste avec le tumulte de la rue commerçante principale.

Le Mont-Saint-Michel, Bastille des mers

Le site devint une prison d’état sous Louis XI, qui y fit installer une cage de bois et de fer pour y retenir ses rivaux. La notoriété du site déclinant progressivement, la fonction de prison devint prépondérante sur ce rocher isolé : le Mont-Saint-Michel prit alors le surnom de Bastille des Mers. Des ateliers de filature du coton, de fabrication de chapeaux furent installés dans les anciens lieux de vie des moines pour les travaux forcés. Pendant la Révolution, le Mont-Michel détenait plus de 300 prêtres réfractaires. En 1863, les conditions insalubres imposées aux détenus décidèrent Napoléon à fermer cette prison.
Le musée historique présente une reconstitution des oubliettes ainsi que les cachots de l’époque.

Les autres richesses du Mont-Saint-Michel

D’autres lieux que l’abbaye participent à l’attrait du Mont-Saint-Michel, et peuvent être considérés comme de véritables institutions : l’auberge de La Mère Poulard fait partie de ces sites emblématiques. Vous y dégusterez tout comme dans les autres auberges du village des spécialités locales et tout particulièrement l’agneau de prés-salés. Celui-ci bénéficie d’une appellation d’origine protégée grâce au terroir unique offert par les marais salés recouverts lors des marées.

Le Mont est également ponctué de quatre musées : l’Archéoscope, le musée historique, le musée de la mer et de l’écologie et le logis Tiphaine. Ils vous permettront de prolonger la visite et comprendre plus intimement les différentes facettes du Mont-Saint-Michel.