La mode et le luxe : vers la fin de règne des stylistes diva?

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Les grandes marques de la mode et du luxe misent cette saison sur des créateurs quasi inconnus du grand public. Terminé alors le règne des stylistes diva? Peut-être.

Bien que discrets, la majorité des créateurs qui débutent aujourd’hui à la tête de grandes maisons possèdent une vaste expérience dans l’univers de la mode et du luxe. Ils ont pour la plupart fait leurs premiers pas aux côtés de créateurs connus et reconnus. Ils n’ont pas été recrutés au hasard mais sur la base de leur talent, leur goût, leur style unique.

En janvier 2015, Gucci fut le premier à relever avec brio le défi de parier sur un illustre inconnu, Alessandro Michele. Il n’en faut pas plus pour que l’industrie du luxe suive cet ingénieux filon. Les marques préfèrent désormais collaborer avec des designers moins connus, pourvu qu’ils soient habiles à développer des stratégies qui correspondent aux besoins et aux valeurs de l’entreprise.

La société change et l’univers de la mode en fait tout autant. L’accent est de nos jours mis sur le travail de groupe. L’époque où le créateur travaillait seul dans son coin, avec ses privilèges et ses caprices, est révolue. Les maisons cherchent d’abord et avant tout des individus ayant des aptitudes pour le travail collaboratif, aptes à diriger efficacement une équipe.

Par ailleurs, dans un contexte d’économie instable, le recours aux grandes pointures, qui nécessite un budget considérable, apparaît aujourd’hui déraisonnable et injustifiable. Surtout si les oeuvres ne sont pas au final aussi étincelantes que leurs créateurs.

Les maisons ne veulent plus faire équipe avec des directeurs artistiques star au charme foudroyant. Elles veulent de jeunes designers discrets qui les accompagnent dans l’accomplissement de leur mission.

Les prochains mois et les prochaines années nous diront si les griffes ont eu raison de renoncer aux grands noms pour mettre au devant de la scène de nouveaux visages.